Samedi 30 juin 2007
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Tiens qu'est ce que tu fais là ?
C'est moi, c'est Nathalie
Quoi tu me reconnais pas ?
Mais si...
On était ensemble au lycée,
C'est vrai, j'ai changé
J'ai des enfants un mari
Bah quoi t'as l'air surpris ?
J'étais pas destinée à une vie bien rangée
J'étais perdue, mon mari m'a trouvée
J'étais de celles qui disent jamais non
Les Marie-couche-toi-là dont on oublie le nom...
Je suis de celles
Bénabar
*Cette chanson a le pouvoir de me ramener près de deux ans en arrière, fin août 2005 plus exactement. La seconde était enfin terminée,
cette foutue année de seconde durant laquelle j'ai intégralement ravalé mes fiertés, écrasé mon ego, détruit ma confiance en moi. Avec du recul, je pense pouvoir dire
que cette année a été celle de ma crise d'adolescence quelque peu tardive, l'année de ma rébellion contre tous et surtout contre l'image que tous avaient alors de moi, celle d'une gentille petite
fille bien sage. Je voulais alors briser cette façade, et ne faisant jamais les choses à moitié je suis passée d'un extrême à un autre, devenant paresseuse, menteuse, provocante... Tout pour
plaire. J'ai voulu jouer les grandes filles et je l'ai payé au prix fort, je suis certes arrivée première dans la "course à la féminité" mais certainement pas gagnante, j'ai perdu ma dignité, mon
estime de moi-même, je me suis auto-détruite pendant plusieurs mois qui aujourd'hui me paraissent les plus abominables de ma courte vie.
*Et puis Il est arrivé, alors que je ne n'y pensais pas, alors que je ne le souhaitais même pas. Je ne l'attendais pas, mais sans le savoir j'avais besoin de Lui. Il
m'a remis le pied à l'étrier, m'a aidée à repartir, à faire face aux difficultés que je m'étais moi-même créées. A sa manière, certes, mais toujours est-il que je ne me serais probablement pas
relevée sans Lui, et je ne sais pas ce que je serais aujourd'hui si il n'était pas entré dans ma vie, ce cinq février 2005... Mais derrière les apparences, celle du
bonheur, de la plénitude absolue, derrière cette façade dorée qu'on aurait préservée à n'importe quel prix, derrière mon apparente reconstruction restaient des zones d'ombre, des manques qu'il
n'a pas su voir (ou que j'ai refusé de lui montrer ?). On a bâti un bonheur à deux, j'ai pris part au sien, je l'ai aidé à se construire, mais je sentais que je restais fragile, un colosse aux
pieds d'argile...
*Qui s'est écroulé, sans prévenir, cet abominable été 2005. Je voulais qu'Il sache que j'existe, je voulais passer avant les autres, me
sentir importante à ses yeux, pouvoir lui faire une confiance totale et lui parler de tout, m'ouvrir à lui... Mais il m'aurait fallu beaucoup de temps, et ce temps Il ne l'a jamais eu pour moi.
Toujours trop occupé, Il s'épanouissait seul pendant que j'appelais à l'aide sans succès, ne faisant que détruire le peu de dignité que j'avais réussi à retrouver pour moi-même et encourageant
les autres à me coller une étiquette (pratiquement) inattaquable sur le front. Petite fille perdue, cherchant ses marques, jouant les grandes femmes et les mamans mais oubliant ses propres
intérêts pour se donner gratuitement, oubliant sa propre faiblesse pour tenter de soigner celle des autres. A suivi une année de première qui fut la meilleure de ma
(courte) vie, certes, mais une année en pointillés, de l'amour à la haine, incapable que j'étais de communiquer mes angoisses, totalement hermétique et fermée face à lui. Et lui qui ne comprenait
pas, peut-être trop obnibulé par sa propre personne. Et puis, alors que nous nous soutenions difficilement et recommencions à marcher côte à côte, arriva l'été 2006
et son lot de nouvelles rencontres... Rentrée 2007, quelques semaines, un petit mois de faux-semblants, de frustration accumulée, de déceptions rentrées, de
malaise... Et puis le clash final. Après 21 mois de Nous, la fin. Pas de possibilité de retour en arrière. Pas d'énième chance. La fin, la vraie, celle qui fait mal
mais qui permet aussi de repartir chacun de son côté et de trouver le chemin qu'on veut réellement suivre.
*Je me suis reprise en main sur beaucoup de points, j'ai énormèment changé, mûri je crois, en très peu de temps, mais il reste des blessures que seul le temps efface,
et lorsque celles-ci sont aussi profondes il leur faut beaucoup de temps pour cicatriser. Je suis partie dans tous les sens, pendant que lui attendait et se morfondait, je me suis construite une
image, ou plutôt j'ai renforcé celle qu'on avait déjà de moi. Je me suis saoûlée de rires pour ne pas le faire dans mes larmes, j'ai cueilli des baisers là où je les trouvais, un peu d'affection,
ce que je pensais appeler de l'amour... Pendant près de huit mois, j'ai mené tant bien que mal ma galère sans destination précise, j'ai parfois voulu y croire mais
j'ai toujours été déçue, je me suis forgé une carapace résistant aux agressions extérieures, qu'il s'agisse de celles des mauvaises langues ou de tentatives pour attacher mon coeur à un autre...
Blasée, insensible, cynique...
*Puis, il y a un mois, tout a changé. Des petits nouveaux sont entrés dans ma vie, exclusivement des gens biens, qui n'avaient aucun
préjugé sur moi et me voyaient simplement telle que je voulais bien me montrer, avec mes qualités comme mes défauts, des gens tolérants et ouverts que je remercie du fond du coeur pour m'avoir
acceptée sans chercher à savoir si je le méritais. Une bouffée d'air frais, le vent du changement soufflait enfin...
*Et il m'a amené un nouveau Il. Tellement différent des autres, de tous ces mâles basiques suivant leurs instincts les plus primaires, de tous ces profiteurs, de ces
égoïstes, égocentriques... Il est réfléchi, ouvert, matûre, compréhensif, altruiste, généreux... Et ce n'est que le début. Je vois d'ici vos têtes, j'entends vos soupirs amusés face à cet
engouement que vous croyez avoir déjà vu mille fois, mais je m'en fous. Je suis bien, je crois même pourvoir dire que je suis heureuse, je n'ai plus peur de l'avenir, j'ai mille choses à
apprendre et j'en ai autant à faire et à partager, j'ai eu le temps de me construire et de m'épanouir seule et il est arrivé au moment où je l'attendais le plus et où j'en avais le plus envie
sans forcément en avoir un besoin vital et paralysant. Contrairement à vous, d'après ce que j'ai cru comprendre, je ne fais pas de pari, je ne prévois rien, je vis délicieusement au jour le jour
ou dans un avenir proche et je profite plus que jamais.
*La morale de cette histoire, si il devait y en avoir une, serait que toute expérience quelle qu'elle soit, heureuse ou difficile, est forcément formatrice. Et qu'il
y a toujours un oasis, un point d'arrivée, même dans les plus grands déserts ou au bout des chemins les plus tortueux. Que lorsqu'on a au moins un bon fond et qu'on est prêt à se donner, on finit
toujours par trouver quelqu'un qui mérite de recevoir autant que de nous rendre ce qu'on peut lui donner. Mais aussi qu'il vaut mieux attendre cette personne pour se donner sans compter...
*Bénabar